1,6 million de logements bientôt frappés d’interdiction de location. C’est le nouveau visage du parc immobilier français dès 2025. Les règles changent, les marges de manœuvre disparaissent. Qu’on soit propriétaire, bailleur ou collectivité, la bascule ne laisse plus place à l’improvisation. Dès le 1er janvier, chaque permis de construire, chaque extension, chaque projet devra se plier à une série d’exigences environnementales inédites. Les dérogations accordées jusqu’ici, notamment pour le tertiaire, s’effacent. Face à la pression réglementaire, anticiper n’est plus une option : il s’agit de tenir la cadence ou d’en subir les conséquences.
Pourquoi la réglementation thermique 2025 marque un tournant pour l’efficacité énergétique
La réglementation thermique 2025 ne se contente pas d’ajuster quelques seuils. Elle impose un changement de paradigme dans la construction et la rénovation. Désormais, impossible d’ignorer l’empreinte carbone d’un bâtiment, du premier coup de crayon jusqu’à sa déconstruction. À chaque étape, le secteur se voit imposer une logique de sobriété énergétique et de recours renforcé aux énergies renouvelables.
Ce n’est plus uniquement la consommation d’énergie qui compte. Les nouvelles règles, applicables à tous les permis de construire déposés dès janvier 2025, s’attaquent à l’ensemble du cycle de vie du bâti. Les seuils d’impact carbone se resserrent. Les choix de matériaux et les méthodes d’isolation deviennent des leviers incontournables. Fini les compromis, la trajectoire est claire : réduire la part du secteur dans les émissions nationales, générer des économies d’énergie durables, et aligner la France avec ses engagements européens.
Voici les axes majeurs qui structurent désormais l’action des professionnels :
- Intégrer des matériaux à faible impact carbone dans chaque projet
- Adopter une approche globale sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment
- Mettre en avant les énergies renouvelables dans la conception et l’exploitation
Avec la réglementation environnementale 2025, l’arbitrage permanent entre coût, performance et impact environnemental s’impose à tous. Les acteurs du bâtiment n’ont plus d’autre choix que de réinventer leurs pratiques pour répondre à cette exigence sans précédent.
Quelles sont les nouvelles normes RE2020 et leurs implications concrètes pour la construction et la rénovation
La RE2020 bouleverse les habitudes du secteur. Le temps où la réglementation thermique se limitait à fixer une consommation maximale d’énergie est révolu. Désormais, chaque projet doit afficher une performance énergétique renforcée et une empreinte carbone maîtrisée dès la conception.
Les travaux, qu’ils concernent la construction neuve ou la rénovation énergétique, intègrent des matériaux à faible impact environnemental. Sur de nombreux chantiers, les matériaux biosourcés s’imposent. Tout est passé au crible : menuiseries, béton, isolation… chaque élément doit faire l’objet d’une déclaration environnementale et sanitaire. Que l’on parle de maisons individuelles ou de bâtiments collectifs, c’est désormais l’analyse du cycle de vie qui conditionne les choix techniques.
Trois axes structurants pour les acteurs
Pour mieux cerner ce qui change, voici les principaux leviers de la RE2020 :
- Respect de nouveaux seuils carbone à chaque étape du projet
- Généralisation de solutions performantes comme les pompes à chaleur ou le solaire
- Mise en avant de la performance énergétique environnementale sur la durée
La RE2020 ne se limite pas à l’énergie. Elle impose aussi des standards pour la qualité de l’air intérieur et le confort d’été. Les nouvelles constructions doivent anticiper les canicules, multiplier les solutions passives et les protections solaires. Les rénovations ne peuvent plus se contenter d’une simple isolation : il s’agit d’atteindre une cohérence énergétique globale, bien au-delà de l’empilement de gestes ponctuels.
DPE 2025 : ce qui va changer pour les propriétaires de passoires thermiques
L’étau se resserre pour les logements notés F et G au diagnostic de performance énergétique. Dès 2025, ces passoires thermiques ne pourront plus être mises en location. En pratique, près de 1,6 million de logements sont concernés par cette interdiction progressive. Sur le marché immobilier, le choc sera direct : les bailleurs devront agir, sous peine de voir leurs biens perdre toute attractivité.
Le nouveau DPE s’affine : la surface de référence change, le mode de calcul devient plus exigeant. Isolation, ventilation, équipements… tout est passé en revue. Pour toute vente d’un logement classé F ou G, un audit énergétique devient obligatoire, avec obligation d’informer sur les scénarios et le coût des travaux de rénovation. Cette transparence accélère la mutation du parc résidentiel et oriente les décisions d’investissement.
Incidences directes sur le marché
Trois mesures phares vont impacter propriétaires et investisseurs :
- Audit énergétique obligatoire pour toute vente de logement classé F ou G
- Blocage des loyers pour les biens les moins performants
- Restriction progressive de la mise en location des logements non rénovés
La performance énergétique s’impose désormais comme critère de valorisation incontournable. Les investisseurs révisent leurs stratégies : la décote des passoires thermiques s’accentue, tandis que les logements mieux notés voient la demande grimper. Le DPE devient bien plus qu’un document technique : c’est un véritable outil de pilotage patrimonial.
Mesures d’accompagnement : aides, conseils et ressources pour anticiper les obligations à venir
Face à cette accélération réglementaire, l’arsenal d’aides financières évolue pour accompagner la rénovation énergétique. L’État déploie plusieurs dispositifs pour soutenir les ménages, les copropriétés et les collectivités. MaPrimeRénov’ prend en charge une partie significative des dépenses liées aux travaux d’amélioration énergétique. Un dossier déposé sur la plateforme dédiée permet d’obtenir une réponse en quelques semaines seulement.
Le prêt à taux zéro (éco-PTZ) complète l’offre, finançant jusqu’à 50 000 euros de travaux sans intérêts. Les certificats d’économies d’énergie (CEE), portés par les fournisseurs, se traduisent par des primes et des réductions immédiates. À condition de faire appel à des artisans labellisés RGE, la majorité de ces aides devient accessible.
Pour aller plus loin, le Fonds vert soutient les projets ambitieux, tandis que les collectivités locales déploient leurs propres aides et accompagnement technique. L’Agence nationale de l’habitat (Anah) et les Espaces Conseil France Rénov’ proposent diagnostics et conseils personnalisés pour mieux s’orienter.
Voici un aperçu des dispositifs phares à mobiliser :
- MaPrimeRénov’ : subvention adaptable selon les revenus et la nature des travaux
- Éco-PTZ : financement sans intérêts pour les bouquets de travaux
- CEE : primes cumulables avec les autres aides publiques
Faire appel à un accompagnateur Rénov’ devient la meilleure stratégie pour optimiser son dossier. Les professionnels du BTP se forment à la RE2020 et aux nouvelles exigences, tandis que les conditions d’accès aux aides continuent d’évoluer au fil des arbitrages budgétaires et des objectifs législatifs. Le changement s’accélère, et ceux qui s’y préparent tireront leur épingle du jeu.
Demain, la performance énergétique ne sera plus un atout, mais un prérequis. Le paysage immobilier, lui, s’apprête à vivre une mue qu’aucune procrastination ne pourra ralentir.


