Quand vous signez chez le notaire, le décompte des frais mentionne une ligne souvent ignorée : la contribution de sécurité immobilière. Son montant paraît modeste à côté des droits de mutation, mais il s’applique à chaque transaction et, parfois, une seconde fois si votre banque prend une garantie hypothécaire. Comprendre son calcul réel permet d’affiner votre budget d’achat au centime près.
Contribution de sécurité immobilière : une taxe d’État, pas une taxe locale
La plupart des acquéreurs confondent la CSI avec les droits de mutation versés au département. La différence est pourtant nette. La CSI est un impôt national affecté au service de publicité foncière. Ce service tient le fichier immobilier, c’est-à-dire le registre officiel qui rattache chaque bien à son propriétaire.
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Sans cette publication, votre acte de vente n’est pas opposable aux tiers. Un voisin, un créancier ou un autre acheteur pourrait contester votre droit de propriété. La CSI finance donc directement la sécurité juridique de votre achat.
À la différence de la taxe de publicité foncière (dont le taux varie selon les décisions du conseil départemental), la CSI obéit à un taux unique fixé par l’État. Elle ne dépend ni de votre commune, ni de votre département.
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Calcul de la CSI sur un achat immobilier : taux et minimum
Le principe est simple. Le taux de la CSI est de 0,10 % du prix de vente, avec un plancher fixé à 15 euros. Autrement dit, si le résultat du calcul est inférieur à 15 euros, vous payez quand même 15 euros.
Prenons un exemple concret. Vous achetez un appartement ancien pour 250 000 euros. La CSI due pour la publication de l’acte de vente se calcule ainsi : 250 000 x 0,10 % = 250 euros.
Pour un bien neuf vendu 100 000 euros, le calcul donne 100 euros. C’est d’ailleurs l’exemple retenu par le site officiel impots.gouv.fr.

Quand la CSI s’applique deux fois
Vous avez peut-être remarqué que certains décomptes notariés affichent deux lignes de CSI. C’est normal si votre financement inclut une hypothèque conventionnelle ou un privilège de prêteur de deniers. Dans ce cas, une première CSI porte sur la publication de l’acte de vente, et une seconde CSI porte sur l’inscription de la garantie hypothécaire.
Cette seconde contribution se calcule elle aussi à 0,10 %, mais sur le montant garanti (souvent le capital emprunté majoré des accessoires). Si vous empruntez 200 000 euros avec une hypothèque, comptez environ 200 euros de CSI supplémentaire.
CSI et budget d’acquisition : ce que cela pèse dans vos frais de notaire
Sur un achat dans l’ancien, les frais de notaire regroupent plusieurs postes :
- La taxe de publicité foncière (part départementale et communale), qui représente la majorité du montant total.
- Les émoluments du notaire, calculés selon un barème proportionnel réglementé.
- Les frais et débours (coût des documents, des formalités administratives).
- La contribution de sécurité immobilière, à 0,10 % du prix.
Comparée à la taxe de publicité foncière (dont le taux global peut atteindre 6,32 % depuis la hausse autorisée jusqu’en mars 2028), la CSI paraît marginale. Sur un achat à 300 000 euros, elle représente 300 euros, contre potentiellement plus de 18 000 euros de taxe de publicité foncière au taux maximal.
Mais ignorer la CSI fausse votre calcul, surtout si vous additionnez l’inscription hypothécaire. Sur un projet financé intégralement à crédit avec hypothèque, le total des deux CSI peut dépasser 500 euros.
Revente du bien : la CSI est un coût définitif
Voici un point que beaucoup d’acquéreurs découvrent trop tard. La CSI payée à l’achat n’est jamais remboursée lors de la revente. Elle ne figure pas non plus dans la liste des frais déductibles pour le calcul de la plus-value immobilière.
Concrètement, quand vous revendez votre bien, l’administration fiscale admet soit un forfait de 7,5 % du prix d’acquisition, soit les frais réels d’acquisition (droits de mutation, émoluments). La CSI, bien qu’elle fasse partie des frais payés chez le notaire, ne réduit pas l’assiette de votre plus-value taxable.
C’est une différence notable avec les droits d’enregistrement, qui sont eux pris en compte dans le calcul. Sur un bien détenu moins de 22 ans (durée d’exonération totale de la plus-value au titre de l’impôt sur le revenu), chaque euro non déduit augmente mécaniquement l’impôt dû.
Un exemple pour mesurer l’impact
Supposons un achat à 250 000 euros avec 250 euros de CSI sur l’acte de vente et 200 euros de CSI sur l’hypothèque. Ces 450 euros ne viendront pas en déduction lors de la revente. Si votre plus-value brute est de 50 000 euros, la CSI non déductible ne change pas le taux d’imposition, mais elle augmente de quelques dizaines d’euros l’impôt final par rapport à un scénario où elle serait admise en déduction.
L’enjeu reste modéré sur un seul bien. Il devient plus visible pour un investisseur qui multiplie les acquisitions.

Vérifier la CSI sur votre décompte notarié
Avant la signature, votre notaire vous transmet un état prévisionnel des frais. Repérez-y les lignes suivantes :
- La ligne « contribution de sécurité immobilière » associée à la publication de l’acte de vente (0,10 % du prix).
- Une éventuelle seconde ligne CSI liée à l’inscription hypothécaire (0,10 % du montant garanti).
- Le minimum de 15 euros par formalité, si le montant calculé est inférieur.
Si l’une de ces lignes manque ou affiche un taux différent, demandez une explication écrite à l’office notarial. Le taux de 0,10 % est fixé par la loi et ne peut pas varier.
La CSI reste un poste mineur dans le total des frais d’acquisition, mais c’est le seul dont le montant est strictement proportionnel au prix sans aucune modulation possible. Intégrez-la dès votre simulation de frais de notaire pour éviter un écart, même faible, entre le budget prévu et le montant réellement appelé le jour de la signature.

